"Il est gentil !?"

Une question qui ne reflète pas la réalité du comportement canin
« Il est gentil ? »
Cette question, je l’entends presque quotidiennement lors des promenades.
Elle est posée avec bienveillance, mais elle traduit une vision très simplifiée du comportement du chien.
Car un chien n’est pas « gentil » ou « méchant ». Il est avant tout un individu, doté d’émotions, de capacités d’adaptation, d’expériences de vie et d’un langage subtil que nous avons tout intérêt à apprendre à observer.
En tant qu’éducatrice canin, mon rôle n’est pas seulement d’apprendre des comportements aux chiens. C’est aussi d’aider les humains à mieux les comprendre.
Le comportement est toujours le reflet d'un contexte
L’éthologie, la science qui étudie le comportement animal, nous enseigne qu’un comportement n’apparaît jamais par hasard.
Il est la conséquence d’un ensemble de facteurs internes et externes.
Le chien réagit en fonction de son état émotionnel, de son environnement et de ce qu’il perçoit comme étant sécurisant… ou non.
Un chien peut être parfaitement détendu un jour et beaucoup plus sensible le lendemain.
Pourquoi ?
Parce que ses besoins fondamentaux n’ont peut-être pas été suffisamment satisfaits.
Un manque de sommeil, une accumulation de stress, une douleur, une succession de rencontres difficiles, un environnement trop stimulant ou simplement une journée plus fatigante peuvent modifier ses capacités d’adaptation.
Comme chez l’humain, les émotions fluctuent.
Attendre d’un chien qu’il soit constamment disponible socialement n’est ni réaliste, ni respectueux de son fonctionnement biologique.
Les chiens communiquent avant de réagir
Contrairement à ce que l’on imagine souvent, un chien ne passe pas brutalement du calme à l’agression.
Entre les deux, il existe toute une séquence de communication.
Les chiens utilisent un langage corporel extrêmement riche.
Ils ralentissent leur allure, ils détournent le regard, ils se figent, ils baillent, ils lèchent leur truffe, ils contournent un congénère, ils cherchent à augmenter la distance, et bien d’autres signaux.
Ces comportements, souvent appelés signaux d’apaisement ou signaux de communication, ont pour objectif d’éviter le conflit.
Malheureusement, ils sont très fréquemment ignorés par les humains.
Lorsque ces messages ne sont pas entendus, le chien peut alors intensifier sa communication : grogner, aboyer, montrer les dents ou, en dernier recours, mordre.
Il ne s’agit pas d’un chien devenu soudainement « méchant ».
Il s’agit d’un chien dont les premiers moyens de communication n’ont pas été respectés.
Une rencontre dépend toujours des deux chiens
Une interaction sociale est une co-construction.
Il est donc impossible de prédire une rencontre en se basant uniquement sur le tempérament d’un seul chien.
Même un chien sociable peut se sentir en difficulté face à un congénère qui :
- fonce droit sur lui ;
- fixe intensément son regard ;
- envahit son espace personnel ;
- ne répond pas aux signaux de communication ;
- présente un niveau d’excitation très élevé.
- Une odeur
- Etc, plusieurs critères sont à prendre en compte selon les profils de chien.
À l’inverse, deux chiens ayant une bonne communication et respecter des signaux vont généralement prendre le temps de s’observer, de ralentir, de communiquer et d’ajuster leurs comportements.
C’est précisément cette qualité de communication qui favorise des interactions harmonieuses.
La sociabilisation ne signifie multiplier les rencontres
C’est probablement l’une des idées les plus ancrées… et pourtant l’une des plus contre-productives.
On entend encore souvent :
« Il faut que mon chiot rencontre tous les chiens pour être sociable. »
En réalité, la sociabilisation ne consiste pas à accumuler les interactions.
Elle consiste à construire un répertoire d’expériences positives.
Ce qui façonne un chien équilibré n’est pas le nombre de rencontres.
C’est leur qualité !
Une seule mauvaise expérience peut parfois laisser une empreinte émotionnelle durable.
À l’inverse, quelques rencontres choisies avec soin permettent au chien d’apprendre à communiquer sereinement et à développer des compétences sociales solides.
Choisir les bons partenaires de rencontre
Tous les chiens ne sont pas de bons enseignants.
Pour favoriser un apprentissage social de qualité, il est préférable de privilégier des chiens qui :
- possèdent une communication claire ;
- respectent les signaux de leurs congénères ;
- savent interrompre une interaction lorsqu’elle devient inconfortable ;
- présentent une stabilité émotionnelle ;
- sont compatibles avec l’âge, le tempérament et le niveau d’énergie du chien rencontré.
Ces rencontres sécurisantes permettent au chien de développer sa confiance, sa capacité d’adaptation et sa lecture des codes sociaux.
Elles réduisent également le risque de voir apparaître des comportements de peur, d’évitement ou de réactivité.
Observer, comprendre, respecter
Ces trois mots résument à eux seuls une approche moderne et bienveillante de l’éducation canine.
Observer, c’est apprendre à lire le langage corporel plutôt que d’attendre un comportement spectaculaire.
Comprendre, c’est chercher la cause d’un comportement plutôt que de juger le chien.
Respecter, c’est accepter qu’un chien puisse ne pas avoir envie d’interagir.
Tous les chiens n’ont pas besoin de dire bonjour.
Tous les chiens n’ont pas envie de jouer.
Tous les chiens n’ont pas les mêmes compétences sociales.
Et c’est parfaitement normal.
Notre responsabilité n’est pas d’imposer des rencontres.
Elle est de créer les conditions dans lesquelles le chien pourra faire des choix, vivre des expériences positives et développer une véritable sécurité émotionnelle.
Et si nous changions notre manière de poser la question ?
Plutôt que de demander :
« Il est gentil ? »
Demandons-nous :
« Est-ce que les deux chiens ont réellement envie de cette rencontre ? »
« Les conditions sont-elles réunies pour qu’elle soit bénéfique ? »
Car une belle rencontre n’est jamais une question de chance.
C’est le résultat d’une observation attentive, d’une bonne lecture du langage canin et du respect des émotions de chacun.
En apprenant à observer, comprendre et respecter nos chiens, nous leur offrons bien plus qu’une promenade.
Nous leur offrons un environnement dans lequel ils peuvent communiquer, apprendre, se sentir en sécurité… et construire durablement des relations sociales de qualité.
C’est cela, une éducation bienveillante : accompagner le chien dans le respect de ce qu’il est, et non dans ce que nous aimerions qu’il soit.

En résumé :
Changeons notre manière de questionner et respectons les besoins / envie de chacun : Observer et respecter !
Apprendre le langage canin (tu sais quoi ?! Je peux t’aider là-dessus 😀 Contact-moi pour une séance et on parle du langage canin, on le décrypte. Je t’aide à décoder les signaux. Comprendre !
Tout le monde ne peut pas s’aimer et c’est normal !
Tu as d’autres questions ou suggestions ? N’hésite pas à poster en commentaires en dessous de l’article 🙂
